Mars 2014.



SUICIDER L'ÊTRE ENDORMI


À la base, l’être qui a la volonté de s’éveiller doit avoir le courage de se remettre en question, sur tous les niveaux. Il faut cesser d’être déterminé par les conventions, les normes, le regard d’autrui et plus difficilement, celui de nos proches. Le grand réveil ne s’entame jamais sans une série de chocs. Le sage a compris que cette implosion de l’être lui évitera une immensité de souffrances dans le futur. Voilà un concept qui remet sérieusement en cause celui de la gratification instantané. 


Afin de penser librement, il est impératif de s’écouter à chaque instant. De cette manière, il devient possible de multiplier les décisions qui nous avantagent réellement. Il faut savoir se fier qu’à nous-mêmes et déconsidérer l’opinion d’autrui. C’est ça être fort et avoir confiance en soi. Il faut comprendre que nous sommes déjà exceptionnels à la base de par notre individualité propre. Notre perfection nous apparaît alors plus claire au travers de nos imperfections. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas s’améliorer, mais bien qu’on doit s’apprécier à chaque instant. 



CORRUPTION DE LA PENSÉE

Nous  sommes avant tout des êtres sociaux désireux de la proximité de nos semblables. Cependant, les incitatifs présentés par nos sociétés modernes tendent à nous détourner de nos réelles aspirations. Le système manipulateur encourage l’homme à produire le plus possible, à acquérir un statut social et à accumuler des biens matériels superflus. C’est un piège subtile. En faisant croire au jeune qu’il doit étudier et travailler, tout en perdant le moins de temps possible, on restreint largement sa créativité et son ouverture d’esprit. On prétend à tort que c’est la meilleure manière de lui assurer un avenir sécuritaire et prospère. La prise en charge du système se fait rapidement. Dès notre jeune âge, nous apprenons à penser à travers les autres. En effet, le père qui encourage son garçon de cinq ans à devenir partisan d'une équipe sportive, au même titre que le professeur qui impose à ses élèves de porter allégeance à la nation, éduquent de façon dangereuse, limitative. Nos opinions et idées deviennent rapidement celles des autres. Nos supposés modèles et figures d’autorité apprennent à la jeunesse comment adopter un comportement par imitation, sans raison. L’enfant comprend alors vite que pour être proche des gens, il doit penser comme eux, aimer les même choses. Il ne raisonne pas par lui-même, il raisonne pour les autres, pour plaire. Sa créativité, qui avant renforçait son individualité, maintenant, se dissout. Le jeune, désormais, s’identifie à une cause, contre uneautre. Les bleus contre les rouges, les américains, contre les russes, le christianisme contre l’islam. Tout est compétition. Depuis ses premières années, les hommes ont été préparés à devenir des machines inconscientes de production maximum, à s’entre-tuer, et tout cela dans le but d’acquérir l’approbation du plus grand nombre... s’oubliant au maximum. 


L'IDÉAL SOCIAL- LA MATRICE

Notre société capitaliste nous incite à produire et consommer au maximum. Le travail est très valorisé. Notre système a comme idéal de produire des humains qui se ressemblent le plus possible. Afin que notre modèle social fonctionne bien, l’homme doit en être le serviteur, tandis que c’est le système qui devrait être au service de l'individu. C’est en observant le schéma typique des individus qui répondent bien aux besoins du système manipulateur que nous comprenons à quel point il est malsain. 


Dès son très jeune âge, on permet à l’enfant d’être entrepris par le système qui propose des services de garderies. Bien sûr, cette initiative existe dans l’optique d’inciter les parents à retourner rapidement sur le marché du travail. Puis, à l’école primaire, les jeunes sont poussés à assimiler le plus d’informations possible et à exceller académiquement. Idéalement, ils font du sport, des sorties culturelles, des camps d’étés, des voyages. Ces activités doivent coûter cher et garder les esprits le plus occupé possible. Les adolescents les mieux moulés sortent du secondaire en sachant quel rôle ils veulent jouer dans le maintien de la structure sociale, c’est-à-dire leur choix de travail. Sans perdre de temps, ils s’enrôlent dans leurs études supérieures et se font compétition. Ils quittent fièrement leur domicile familial et se trouvent un logement, une voiture, dont ils sont fiers. Ils travaillent pour financer toutes ces dépenses. 

Ils acquièrent un droit de vote qui les rend fiers d’être responsables. Puis ils acquièrent un diplôme, fiers de ne pas avoir déçus leurs parents, leur entourage. La plupart entrent sur le marché du travail dans un domaine qui n’est pas leur premier choix, pas une passion, mais qui leur permettra de payer, sans empressement, une partie des dettes qu’ils ont déjà commencé d'accumuler. Ils s’en tirent bien, ils subsistent, et cherchent toujours à faire mieux, à se faire reconnaître par les autres, par leurs accomplissements au travail. Parfois, ils se disent que tout ce manège est absurde, que tout est trop dans le paraître, mais rapidement, ils se ravisent, par peur de se retrouver isolés du reste du troupeau qui les a toujours réconfortés. C’est comme avec leur conjoint, sur qui ils peuvent s’appuyer, mais qu’ils n’aiment plus vraiment assez. Encore, ils sont terrifiés de se séparer et de se retrouver seuls face à leur propre vide intérieur. Ils produisent beaucoup et s’occupent pour ne pas trop penser à eux-mêmes. Ils aiment se mystifier devant cette boîte à hypnose qu’on appelle télévision qui les réconforte aussi. Ils jouissent de moins en moins, ils vieillissent et oublient comment faire la fête, ils ont peu d’énergie pour faire autre chose que travailler et s’enfoncent lentement dans le cercle vicieux de la vie conventionnelle. Les gens qui s’en tirent le mieux sont ceux qui ont su s’accrocher à des activités qui les passionnent et qui préservent une vie sexuelle active. Malheureusement, ceux-ci ne s’accrochent qu’à certains moments de plaisir, et c’est cet entre-deux qui les maintient dans un mode de vie hors de l’absolu, les empêchant de faire le grand saut. 


Les moutons les mieux encadrés croient à l’accomplissent de soi au travers du système. Beaucoup de gens se font croire que leur existence n’est pas si pire et que leur rôle dans la société est important. C’est ce qu’ils tenteront de faire valoir aux autres. La  majorité, désabusée du travail, se dit que c’est par la famille qu’ils auront réussis à réellement s’accomplir, en ayant des enfants sur qui ils tenteront de projeter leurs désirs illusoires. Ils vivent dans l’espoir que leurs petits, eux, réussiront à être totalement heureux dans un emploi valorisant, passionnant, qui fera «avancer la société». Le problème c’est qu’ils continueront à opérer, à éduquer leur progéniture à travers le même système qui les a désavantagé. Enfin, ces pauvres gens continueront à attendre leur retraite, ménageant dettes, divorces, et dépressions. Beaucoup finiront malades et seuls, ils s’éteindront tranquillement, ne réalisant jamais, ou trop tard, qu’ils ont vécu déjà morts. 


Notre système d’éducation doit être repensé au complet. Depuis leur jeune âge, les enfants ne sont pas encouragés à s’exprimer dans toute leur envergure, par principe de les protéger. Cet encadrement accru s’exécute au détriment de leur créativité et authenticité. Ils sont poussés à entrer dans un moule qui les abrutit rapidement. Malheureusement, la plupart des parents, qui ont d’excellentes intentions pour leur progéniture, sont eux-mêmes endormis par le système et ne réalisent pas le tord qu’ils leur causent. Un individu alerte aura réalisé que nos gouvernements ont tout avantage à nous faire perdre notre individualité dans le but de gérer avec plus d’aisance. Il est difficile de ne pas penser qu’on nous plonge volontairement dans une inconscience collective ou règne une  peur d’ébranler l’ordre établi. 


Il va de soi que nos institutions, autant que nos parents, auraient tout avantage à créer un environnement où les jeunes sont portés à s’exprimer et à développer leur créativité dans le respect de l’autre. Malheureusement, nos sociétés modernes sont tellement focusées sur la productivité, la compétition et la surconsommation qu’on jette les jeunes rapidement dans la fosse aux lions. 


N'importe qui est moindrement conscient sait très bien que nous détenons déjà depuis longtemps la technologie et les ressources naturelles pour subvenir aux besoins de tous, et ce, avec un minimum d’efforts et de répercussions sur la planète. Au lieu de surconsommer et de se faire compétition sans fin, nous pourrions collaborer et créer un système enfin efficace. Les gens doivent décider ensemble de quitter leurs emplois superflus, mais surtout d’arrêter de surconsommer. Cela ne se réalisera que par un mouvement de masse, non dans le sens de révolution, mais plutôt de résistance passive (nous reviendrons sur ce concept). L’éducation en est la pierre angulaire. Lorsque les gens auront compris ces concepts, ils dévaloriseront le travail et l’accumulation de biens superflus afin de se regrouper avec les personnes avec qui ils se sentent en harmonie.




LE CHANGEMENT

La majorité des gros changements qui surviennent dans la vie des gens nécessitent définitivement une remise en question ainsi qu’une forte volonté. Il est rare de voir des personnes modifier des habitudes malsaines lorsqu’elles jugent leur quotidien «acceptable». Souvent, les gens doivent être frappés par ce que j’appelle une ou des violences pour endosser le changement. Ces violences découlent souvent d'événements qui font vivre des émotions fortes. C’est à ce moment qu’on cherche finalement à briser cette zone de confort qui nous meurtri subtilement. Il n’est toutefois pas nécessaire d’attendre de se faire fouetter pour promouvoir le changement autour de soi. Dans tous les cas, lorsqu’il s’entame, le changement implique toujours des chocs. Il faut être prêt à affronter les tempêtes qui vont surgir. Ces tempêtes se vivent à différents niveaux. 


Il y a d’abord celles qui nous confrontent à nous-mêmes. Ce sont les remises en question. Nous nous mettons alors à passer en rafale tous nos acquis. Nous comprenons alors qu’il est difficile de laisser tomber ceux qui nous donnaient un faux sentiment de sécurité. C’est normal, puisqu’il s’agissait là de nos rares repères. C’est précisément lors de ces instants de doute, d’incertitude, qu’il faut apprendre à s’en remettre à la profondeur de son être et s’écouter totalement. Dans le néant, nous sommes plus sensibles aux besoins et désirs qui nous définissent. On apprend alors à être nous-mêmes et à s’avantager. 


L’autre obstacle de taille provient de l’extérieur. Les autres. D’une part, on nous a apprit à craindre leurs regards, à ne pas faire de vagues, à entrer dans le troupeau, à ne pas poser trop de question. Nous voulons plaire à tous. De cette manière, on nous a fait croire que tout serait OK, que nous aurons droit à notre juste part du gâteau. C’est de la foutaise, un paradoxe hypocrite. Voyez-vous, tous les grands changements sociaux se sont produits lorsque certains on eu le courage de remettre le statut quo en question. C'est pareil pour les développements technologiques. Malheureusement, les remaniements de la société n'ont jamais réellement aider l'humanité puisque les structures de pouvoir n'ont pas été éclipsées. 


Cela étant dit, comprenons bien que les murs qu’érigent les gens devant nous ne sont qu’une illusion. Ce sont simplement des limites que nous choisissons de nous imposer. Nous décidons toujours du sens et de la signification des phénomènes qui nous apparaissent.


LE POUVOIR

Depuis toujours, la majorité des humains vit avec un profond désir de tout contrôler. Ce sentiment découle d'une insécurité profonde d'Être, et c'est ce qui a maintenu l'humanité dans un état précaire et primitif. C'est un manque d'intelligence. On comprend donc qu'avec la volonté de contrôle, une relation de pouvoir s'est établie entre les individus dans les sociétés. Ceux s'étant hissés au sommet ne sont pas prêts à laisser tomber ce contrôle, considérant que celui-ci est synonyme d'avoir, de luxure. L'Élite, ce sont les banques, les médias, l'état, le crime organisé, les multinationales. 

 Jamais une grande société n'a existé. Y a-t-il eu un réel progrès depuis l'époque du Christ ou de la Rome antique? La corruption, le mensonge, le meurtre, les guerres sont toujours présentes. Sommes-nous plus libres de nous exprimer aujourd'hui? Les pays occidentaux se vanteront d'avoir développer des chartes de respect des droits humains, mais omettront d'expliquer comment ils ont soumis leurs peuples à devenir adeptes de l'auto-censure. Bien sûr, nous avons connu d'immenses percées technologiques, mais au profit de qui? Principalement, ce sont les gens au pouvoir qui contrôlent ces technologies, et de manière à mieux nous dominer. On comprend donc que ce ne sont pas les développements en soi qui sont malsains, mais bien ses opérateurs. Il est évident que si nos dirigeants cherchaient réellement le bien-être de tous, le temps des guerres et des famines serait aux oubliettes. En réalité, ces formes de génocides sont des instruments de contrôle qui les préservent au sommet. Cet élite mondial a toujours su faire perdurer le sentiment d'insécurité des gens afin qu'ils n'osent pas s'éloigner du troupeau. Les dominés pensent qu'ils ont quelque chose à retirer de cette relation de force. L'Establishment est rusé, car il a su donner un faux sentiment de liberté aux gens, qui vivent dans une prison sans mur. Le plus dangereux est de penser vivre à l'extérieur de La Matrice alors qu'on y est emprisonné. 

N'oublions pas que le pouvoir n'existe que parce que nous décidons de nous y soumettre.  En fait, le seul vrai pouvoir est celui que nous décidons de nous accorder dans notre propre vie. Cela dit, malgré l'immensité de la machine dominatrice, il est tout à fait possible de s'en passer. Si on essaie de la combattre, le risque de se faire écraser est énorme. Par contre, utiliser la résistance passive est un excellent moyen pour s'en tirer. Travailler le moins possible, refuser toute forme de crédit, de relation avec les banques, sont des bonnes façons de contrer le Système. (Plus à venir sur ce sujet)...


LE TRAVAIL

Une croyance populaire très malsaine nous dit que le travail acharné est récompensé. Nous valorisons les gens qui mettent beaucoup d’efforts afin d’atteindre leurs objectifs. C’est malheureux. Il y a une forte propension dans notre société qui nous porte à croire que nous devons travailler dans la vie, et il semblerait que nous n’avons pas réellement ralenti la cadence. En effet, avant les années 70, la majorité des femmes n’occupaient pas d’emploi, alors que la production alimentaire et les services étaient tout de même fournis. Depuis ce temps,  la technologie a évolué sans cesse et plus rapidement que jamais. Avec cette robotisation du marché, on pourrait logiquement s’attendre à une baisse majeure du nombre d’heures travaillées. Malheureusement l’appareil manipulateur social, notamment sa classe politique et médiatique, à su convaincre les masses que le travail est primordial à notre qualité de vie. En réalité, le travail ne sert qu’à préserver au pouvoir la classe dominante mondiale. C’est l’homme lui-même qui se tend le piège du travail. Ayant cru à l’illusion que sa vie serait  meilleure en possédant beaucoup de biens, il s’applique à l’ouvrage. Lorsqu’une majorité de personnes pensent de cette manière, on grossit la roue de la consommation en multipliant des biens et services superflus, qui, de surcroît, sont conçus pour ne pas durer. 


Si nous savions qu’il est infiniment plus efficace de mettre à notre service notre intelligence et notre créativité, nous oublierions rapidement ce que nous apellons l’épuisement professionnel. L’être éveillé ne se «brûle» pas en accomplissant ses tâches. Il ne travaille pas. Il crée, il s’amuse. On comprendra que pour vivre cette réalité, il est primordial de bien se connaître afin de choisir son vrai domaine. Lorsqu’on est passionné, l’excès n’existe pas. On ne parle plus d’efforts, on crée sans cesse. On vague dans l’infini. C’est dans cet état d’esprit que les grands créateurs de l’humanité sont parvenus à réaliser leurs plus grandes œuvres. 


Comprenons toutefois que la grande majorité des individus qui répètent une action pour un nombre de fois assez élevé finissent par atteindre une compétence dans leur domaine de choix. Ces gens ont souvent l’impression de faire des efforts. Cela n’a rien à voir avec l’intelligence. Les personnes qui utilisent cette méthode ont rarement trouvé leur vrai domaine et font ce qu’ils font, la majorité du temps, pour sentir une reconnaissance des autres. À l’opposé, celui qui exerce son domaine sans se soucier de l’appréciation de ses résultats par ses pairs sera infiniment plus heureux. Cet individu est sage et n’est déterminé que par lui-même. 




L'ÉTHIQUE

L’éthique est le concept central colligeant les différents aspects de nos vies. Celui qui cherche à s’éveiller doit obligatoirement se construire une éthique personnelle. Faisons attention ici de ne pas confondre éthique et morale. En général, lorsque l’on parle de morale, on fait référence aux lois établies par les élus politiques. Ces textes immensément volumineux et complexes, constamment assujettis aux interprétations, ont la prétention de faire la distinction entre le bien et le mal. L’être qui vit en fonction de sa propre éthique n’agit pas en fonction de celles-ci.  L’éthique personnelle est une forme de loi dont nous nous imposons et qui sert à nous avantager à chaque instant. On m’objectera fort probablement que ce mode de pensée menace la sécurité et l’ordre public. C’est faux. Les rares individus qui ont réussit à concevoir leur propre éthique et qui la vivent pleinement ne pensent pas à voler ou à tuer. Ils ont compris que nous sommes tous intimement liés et que causer du tord à l’autre, signifie se faire du mal à soi.


Afin de développer adéquatement son propre mode de fonctionnement, il nous faut être à l’écoute de soi. L’intégration de l’’éthique fait suite à une profonde introspection. Nos pensées nous deviennent alors claires et organisées. L’éthique se traduit dans le monde visible par des actions prévisibles. Cette loi devient notre repère qui guide et facilite notre prise de décision. L’éthique optimise l’être. 


DIRE LA VÉRITÉ

Celui qui aspire à s’assumer à 100% doit inévitablement développer une éthique de la vérité. Pour se faire, nous devons être en mesure d’exercer une introspection profonde, de disséquer notre pensée en profondeur. Nous devons être en mesure de nous mettre à nu devant nous-mêmes. C’est le plus difficile puisque nous avons été éduqués, voir conditionnés, à la négation de soi, par des mécanismes de défense, souvent inconscients. Il faut réussir à se montrer sous son vrai jour aux autres, et ce, à chaque instant. C’est là qu’est mise à l’épreuve la force de caractère de celui qui cherche à s’éveiller. 


C’est si choquant de voir quelqu’un se libérer et prendre toute son envergure qu’on tente souvent de le ridiculiser et de le ramener dans les rangs, dans le troupeau des endormis. Cette adversité est violente. Parfois, elle nous fait  réaliser qui sont nos vrais alliés. Cela dit, l’individu qui a une volonté profonde de s’émanciper saura se nourrir de cette violence pour développer davantage son génie créateur.



RESPECT DES LIBERTÉS

La personne qui se respecte totalement respecte aussi tout le monde. Elle se sent en proximité avec tous les êtres vivants et les objets qui l’entourent. Elle comprend être reliée à tout et que tout est inter relié. L’être libre comprend que la base des interactions humaines est le respect des libertés de chacun. La liberté d’un s’arrête là où celle de l’autre commence. La notion de consentement va de pair avec celle de liberté. Il en est cependant un sujet délicat. Doit-on accepter le consentement dans l’absolu ou le restreindre selon l’âge ou la sagesse? Dans tous les cas, l’être libre ne méprise jamais l’intégralité de l’autre, mais accepte que certaines actions ou facettes de sa personnalité puissent déranger. Il comprend que l’autre se projette trop selon une éducation restrictive ou malsaine et a de la difficulté à être vrai, à s’exprimer réellement. Certains sont plus endormis que d’autres.  


Il est important de comprendre que les gens ne sont jamais des ennemis. En fait, ils ne font que souffrir d’un manque d’éducation. Il est donc absurde de penser à la punition comme solution, sauf pour les êtres primitifs mal éduqués qui ressentent le besoin de vengeance. 


L'AUTRE

L’homme sage a compris que les autres ne sont jamais «contre» lui. Les personnes qui se moquent, qui déçoivent ou qui attaquent ne peuvent atteindre l’individu qui n’accorde aucune importance à ces propos ou actions. Les gestes posés prétendument contre nous sont en réalité l’expression d’un problème que l’émetteur vit lui-même. Souvent, il faut comprendre que les gens attaquent les personnes qui ne sont pas une copie-assez-conforme-d’eux-mêmes. Faire fi de ces attaques est la solution. C’est ce qu’on appelle aussi plus communément, «ne pas prendre les choses personnelles». 


Nous croyons trop souvent pouvoir aider les autres. Cette idée est une puissante illusion dont nous devons nous défaire. Chaque humain est responsable en totalité de ce qui lui arrive. Dans cette optique, on doit cesser de prendre sur nos épaules les problèmes du monde et focuser sur l’amélioration de notre propre sort. Ici, je ne veux pas dire que l’influence n’existe pas. Nous pouvons l’exercer, mais il est nécessaire que la personne qui veut réellement changer fasse foi d’une volonté profonde. On peut donc aider les gens qui veulent s’aider à s’aider. Il faut également comprendre que «vouloir s’aider» ne suffit pas. La vraie volonté se traduit par des actions déterminées. 



L'AMOUR

L’amour est fort probablement l’émotion la plus forte que peut vivre un être humain. Il est cependant triste de constater que la grande majorité des gens n’ont pas la maturité de la vivre pleinement. Au contraire, souvent, ils se laissent détruire par celle-ci, et s’effritent, parfois jusqu’au suicide. Ces gens ignoraient sans doute que c’est le bonheur qui nous permet d’aimer et d’être aimé, non le contraire. Il est possible d’être heureux sans nécessairement être en amour, mais on ne peut aimer réellement et de manière durable sans être fondamentalement heureux. D’où vient donc le bonheur? Le bonheur est un état qui se décide et qui ne découle que de nous. Aucun facteur extérieur ne peut le faire perdurer. Lorsqu’on est heureux, on a besoin de rien, on comprend qu’on est déjà complet. Tout le reste est un surplus (amour, argent, etc.). Nous cherchons donc à combler des désirs, non des besoins. Les personnes que l’on aime doivent toujours représenter des suppléments. Elles viennent bonifier notre vie. Si elles sont pour vous, complémentaires, c’est que vous n’avez pas encore réalisé que vous formez déjà un tout. C’est seulement après avoir acquis ces concepts qu’on peut réellement élargir sa vision de l’amour. 


Les fondements de l’amour dans notre société découlent principalement du bagage historique judéo-chrétien qui nous a été légué. Nous concevons donc l’amour comme étant possible ou idéal seulement dans un contexte d’exclusivité entre un homme et une femme. Depuis notre plus jeune âge, on nous a appris à posséder, à être jaloux, à faire compétition aux autres. Dans cet environnement, il est compréhensible que nous ayons de la difficulté à partager les êtres qui nous sont chers. Il faut comprendre que l’exclusivité à la base n’est qu’un mythe. On croit que l’autre nous appartient parce qu’il n’a de relations sexuelles qu’avec nous durant la relation contractuelle qui a été établie entre les deux parties. 


D’abord, comme on le constate, cette exclusivité est déjà réduite de par sa durée dans le temps. En effet, le partenaire a presque toujours eu des relations avec d’autres avant nous et en aura fort probablement après également. Ensuite, il y a le côté malsain et hypocrite de la relation, où l’autre a presque toujours le désir de vivre des expériences à l’extérieur du couple. Ces désirs sont mesurables d’un individu à l’autre, mais sont presque toujours existants.  Les gens tentent de les réprimer «par amour» pour l’autre, mais ces désirs sont complètement normaux, de par l'essence même de l’humain. Enfin,  il y a une réalité encore plus frappante qui explique pourquoi l’exclusivité, telle que conçue par nos sociétés modernes, n’a jamais existée et n’existera jamais. Cette choquante révélation est simple : nous avons chacun une individualité qui nous définit différemment de tous les autres. C’est là qu’il faut comprendre que chaque relation qui existe entre deux individus est déjà exclusive.  L’individualité pure à chacun s’étend à tous les niveaux, de la sexualité à l’intellectualité, du physique au spirituel. 


Force est d’admettre que le contrat d’exclusivité en soi n’a aucune valeur. La preuve se constate dans le nombre de divorces. Il va sans mentionner le nombre de personnes qui restent ensembles en étant malheureux, dévorés par la peur de décevoir. Considérons aussi les couples relativement heureux qui vivent des aventures cachées chacun de leur côté. Quelle hypocrisie.


Une erreur commune que font les gens en amour est de blâmer la cassure ou les problèmes de couple sur l’égocentrisme du partenaire. Il y a cette conception vastement répandue qui suggère qu’en relation, on doit concéder, faire des compromis, voir se sacrifier, pour l’être aimé. Celui qui ne se compromet pas assez se voit donc coller l’étiquette d’égoïste. Remettons les pendules à l’heure. 


Premièrement, on confond trop souvent égoïsme avec respect pour soi. On associe fréquemment égoïsme avec absence d’empathie, mais cette prémisse est totalement fausse. Je répondrai que l’individu qui a appris à se respecter, à s’aimer profondément, pose des actions pour s’avantager, mais jamais pour en rabaisser un autre. Tout au contraire, les individus qui savent penser à eux sont souvent les mêmes qui savent faire plaisir aux autres. La notion de donner dans l’espérance de recevoir n’existe pas ici. Quand on se sent connecté à tout, on aime rendre les autres joviaux et heureux. La nuance est capitale. 


Considérons maintenant un autre fait qui risquera d’en choquer plus d’un. Plus souvent qu’autrement, c’est l’individu qui se plaint des comportements égoïstes de l’autre qui en réalité souffre de cette faille de la personnalité. Voyez-vous, lorsque quelqu’un demande à l’autre de faire des compromis, de concéder, il lui demande en fait de se réduire, afin de compléter sa personne imparfaite. Il demande carrément à l’autre de faire un don de soi, pour lui, et puis espère que ce sacrifice améliorera sa personne, comblera son vide. Ça, c’est de l’égoïsme. Voyez-vous, demander à l’être cher de sacrifier ses désirs, ses ambitions, sa liberté, c’est  ça le manque de respect. 


Ces propos heurteront sans doute les gens les plus fermés d’esprit, mais les individus ayant le courage de méditer sur ces concepts auront tout à gagner. 


Comment agir en amour?

Avant tout, il faut saisir qu’en relation de couple, au même titre que dans n’importe quelle relation, le seul souci devrait être la transparence. C’est-à-dire que nous nous devons d’être authentique, honnête et exprimer qui nous sommes à l’autre au degré le plus pur. En adoptant cette ouverture, nous donnons la chance à l’autre de nous connaître réellement et de décider à quel degré il veut partager son temps avec nous. Nous réalisons vite que cette attitude incite fortement la personne devant nous à faire pareil. Tout le monde a à gagner. Ne l’oubliez pas, un être sûr de lui n’a jamais à se protéger et sait qu’il s’avantage en décidant de s’ouvrir dans l’absolu. 




LES COMMUNAUTÉS

L’homme moderne, très homogène, partage un mode de vie similaire, surtout dans les pays industrialisés du monde. En général, il aspire à s’unir, avoir des enfants, un domicile familial, réussir dans son travail et gagner l’approbation de ses pairs. La plupart du temps, il suit ce modèle qui a été tracé par ses parents et l’adopte sans trop se poser de questions. La formule conventionnelle finit par échouer pour la majorité des gens. Cet insuccès s’explique principalement par les facettes malsaines du couple fermé, tel qu’exposé plus tôt. Nous ignorons qu’il existe plus. 


Le modèle exposé ici se veut une alternative majeure au mode de vie que nous connaissons. C’est la Communauté, dans le sens nouveau du terme. La Communauté est un regroupement d’au moins deux individus qui partagent des valeurs profondes, un même mode et espace de vie. C’est une famille, mais qui  ne se définit pas par le lien de consanguinité. Le critère déterminant est le sentiment de bien-être que chacun ressent envers les autres membres. L’harmonie doit être totale. Vous comprenez ici que le succès de ce groupe passe par une connaissance approfondie de chacun. Les liens sont tissés serrés, il y a un fort sentiment de solidarité où l’on souhaite le profond bien-être de tous. De plus, les membres doivent être en mesure d’offrir la plus grande transparence à leurs pairs, ce qui aidera à éviter les situations conflictuelles. C’est aussi crucial que les libertés et la vie privée de chacun soient respectées. Pour cette raison, l’environnement physique est structuré de manière à ce que chacun dispose de son endroit privé. 

Aucune relation de pouvoir ne doit exister dans la Communauté puisque cela réprime les libertés. Il faut plutôt miser sur une organisation qui fait l’affaire de tous. Tout se fait avec consentement. Puis, la compétition est inexistante avec les autres, tout est collaboration. Les individus cherchent toutefois à s’améliorer, à se dépasser, dans leurs champs d’intérêts et sur les différents niveaux de la vie (intellectuel, spirituel, physique, etc.). Idéalement, la Communauté est un milieu qui fait la promotion de l’éducation, l’intelligence, la liberté, l’initiative et la création. 


Maintenant, puisque chaque communauté se définit par sa propre individualité, il n’y a qu’elle qui puisse s’encadrer. Cependant, si on la conçoit dans son essence comme un milieu facilitant le train quotidien, on observera fort probablement les membres dévaloriser le travail et la surconsommation. Mettons aussi de l’emphase sur le fait que la Communauté se veut être un milieu de jouissance, de bonheur, ou chacun l’a décidé et le favorise constamment. Cet environnement suggère également la fête et la légèreté, l’érotisme et la proximité. Enfin, plusieurs personnes idéalisent déjà la vie de cette façon, mais rares sont ceux qui imaginent ces visions devenir réalité. La construction de ce modèle est souvent un processus long, surtout dans la société d’aujourd’hui, où trop d’entre nous dorment, et les autres, manquent d’optimisme. N’attendons pas une seconde de plus. Assumons-nous pleinement et propageons notre bien-être dans nos entourages, nous réveillerons sans doute les dormeurs qui rêvent de s’éveiller. 





Jouissance. Liberté. Intelligence.